Embrumé
Vaquant au gré des vent,
Dans les rues puantes de ce matin navrant,
J’erre sans but,
Sans âme, presque absent.
Mon esprit se perd dans les brumes,
Du temps, de la mémoire vacillante,
Qui projette ses images incohérentes
A mes yeux incapables de les appréhender,
A mon esprit, ses idées enfumées,
Créant un maelstrom d’images mouvantes,
De scènes fantasques parfois émouvantes.
Un instant chéri, qui remonte de mon âme.
Un fantasme d’une complexe trame.
Des rires d’enfant longtemps oubliés.
De merveilleux rêves et délires exaltés.
Nulle sensation de danger n’accompagne ce songe,
Ces instants béats, sous lesquels toutes pensées s’épongent.
La conscience, l’intelligence, ainsi que la volonté,
Sont absorbées par cette torpeur et ses mensonges éhontés.
Cette réalité changeante qui submerge nos sens,
Déformant notre vision du monde,
Laisse accessible notre innocence,
A nombre bassesses immondes.
Et pourtant, je poursuis cette folie,
Recherchant presque sciemment cet état,
Son chaos, sa folie, son émoi.



