1. Jouissance d'une métempsycose

    Allongé sous la coupole d'un tilleul,
    Plongé dans les bouquets non cueillis
    De pousses fraichement écloses
    S'attarde ce corps dévêtu, paupières closes.

    Il se montre alors, ancien soupirant
    Beaucoup l'envieraient, jalouseraient l'instant sublime
    Le doux parcours de cette peau
    Epargnée des atteintes du temps

    Glisser le long de sa nuque tant prisée des victimes
    Consentantes de ses frasques d'antant - hier seulement;
    Effleurer la courbe délicate de son sein,
    Descendre, plus bas encor', s'infiltrer en son corps
    Oh comme il en a rêvé de ce merveilleux dessein !
    La caresser jusqu'à cette mort
    Qui pour lui bien impatiente s'en vint.

    Une attente de misère se nourrissant de charogne
    Parcourant les entrailles de la terre
    Dans la miséricorde d'un dieu sans vergogne
    Quand enfin elle le rejoint
    Allongée sous la coupole du tilleul
    Plongée au coeur des bouquets non cueillis
    De pousses fraichement écloses
    Mais l'amour s'est éteint.

    Il ne reste que la faim,
    Et lui, petit filament perdu sur un corps qu'il rêva sien,
    Plonge dans la plaie profonde de l'assassin.

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