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Les chaines de la création

Les chaines de la création

Il s'agit d'une illustration dont vous aviez déjà entendu parler, ou pas. Peut-être n'est-ce pas original du tout. Ce qui est sûr, c'est que dès la première fois que je l'ai vu, j'ai adoré ce quelle représentait.

 

Cette manière dont l'artiste s'enchaine à sa propre oeuvre m'a frappé. Pour moi, elle représente dans un premier temps la manière dont on s'attache sentimentalement à nos création.

Le titre original, 'Prisoner of my own', représente un peu plus encore à mes yeux, et apporte un semblant d'explication, illustrant la manière dont on met une partie de nous dans chaque oeuvre, conservant un lien physique avec celle-ci de ce fait. Lien difficile à briser.

J'aurais tendance également à y voir une des choses qui me sidère le plus, c'est à dire le côté commercial de la création artistique. Un artiste qui se retrouve piégé par une première oeuvre qui a rencontré le succès, et dont tout le monde attend la suite, alors qu'il n'éprouve aucune envie de la réaliser. Il devient alors, s'il ne parvient pas à refuser, réellement prisonnier, non plus de son oeuvre, mais du succès qu'elle a rencontré. il est bien rare que cela débouche sur une oeuvre réussie de mon point de vue.

Cet enfermement peut également être volontaire. Il est consevable qu'une personne ne puisse pas résister à l'appel de ceux qui demandent une suite, et qu'elle s'enferme dans un cycle malsain visant autant à satisfaire ses admirateurs qu'à entretenir cette admiration qui glorifie tout de même quelque peu l'égo.

Enfin, après ces élucubrations sur l'oeuvre, je vais peut-être passer à ce qui était sans doute la pensée première de son auteur : représenter la manière dont l'homme se crée ses propres chaines inconciemment, ou même en pleine connaissance de cause, par peur le plus souvent.

Ce qui est certain, c'est que j'apprécie ce type d'oeuvre surréalistes sur lesquelles on peut tant dire, qui pourraient tant représenter, et dont on ne saura peut-être jamais rien. 

Au passage, j'ai trouvé ce dessin sur Deviant Art 

 

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4 commentaires pour "Les chaines de la création"

  1. Ondine : Je creuse la question...

    15/08/2007, at 21:07 [ Répondre ]

    Haaa^^ ! J’aime beaucoup cette image et le commentaire très pertinent que tu as ajouté. Pour le début, je suis d’accord avec toi : Cette illustration m’évoque aussi le fait que l’artiste reste substantiellement (ça se dit ça ?) attaché à son œuvre. Lorsqu’il dessine ou peint, une partie de son être est dévoilée par l’œuvre, et le public peut alors découvrir, au détours des arabesques picturales, l’âme intérieure de l’artiste lui-même : ses peurs, des doutes, ses colères, ses joies (un peu comme dans un poème^^).
    De plus, un artiste reste "attaché" à ses oeuvres... Même si je ne suis qu’une pitite gribouillarde amatrice, je dois bien avouer que j’ai parfois quelques difficultés à me séparer de mes dessins (bon évidemment ça dépend lesquels hein ! Il y a certaines esquisses dont je me sépare assez facilement...)
    *Lancer intempestif de boules de papiers…*

    Le dessin et la peinture ont une valeur d’exutoire efficace permettant de se libérer de ses passions et donc à fortiori de ses propres chaînes, comme cela a été dit dans un commentaire plus haut… Cependant, je n’ai pas l’impression que le dessinateur se libère de ses chaînes sur cette illustration. Au contraire, il est en train de se rendre lui-même prisonnier de l’image qu’il est en train de réaliser… Il crée donc ses propres entraves. Peut-être ce dessin symbolise-t-il le fait que l’homme est prisonnier de lui-même et de ses propres passions, auxquelles il est irrémédiablement soumis… Cette représentation me fait penser à la fatalité de la condition humaine. Ici, tout ce que l’homme dessine au bout de sa chaîne, c’est une autre entrave : le boulet… Il ne se libère donc pas! (Waha j’ai mal à mon crâne de nymphe à force de réfléchir comme ça lol ! Mais qu’est-ce que c’est intéressant^^ !)

    D’ailleurs, on pourrait aussi évoquer ici : « La trahison des images », un célèbre tableau de René Magritte que tu as sans doute déjà vu. Il représente une pipe, accompagné de la légende suivante : « Ceci n’est pas une pipe ». Donc finalement, cette image n’est-elle pas un simple leurre ?! Même si un tableau est dessiné de la façon la plus réaliste qui soit, une image reste une image (si je me souviens bien, c’est l’idée que voulait faire passer Magritte…………) Sur le dessin, l’homme est prisonnier à cause de l’image du boulet qui se trouve au bout de la chaîne… Mais sans ce boulet ?! Serait-il réellement prisonnier ? On pourrait très bien dire que Non !, puisqu’une chaîne sans entrave n’est pas complètement encombrante… Non ?! (Bah c’est pas une simple chaîne qui va l’empêcher de se déplacer… Alors que le boulet, lui, peut être réellement gênant…)

    Le message que l’on pourrait faire alors passer serait : « Ne soyons pas prisonnier de ce que nous voyons, ou croyons voir… Mais allons peut-être au-delà de ce qu’elle représente, sans nous laisser duper par les apparences qui sont représentées »
    (ici, le crayon de papier ne représente pas quelque chose de réel. Un peu comme la pipe dessinée.)… En un mot, c’est à nous de nous libérer de nos chaînes. Il faut donc faire la part des choses entre :
    -Le réel : la chaîne autour du poignet, mais dont on ne voit finalement pas réellement le bout "réel". (ça va jusque là? HiHi!)
    -L’apparence : La chaîne et le boulet dessinés, qui sont factices à mes yeux, car simplement crayonnés sur un bout de papier.

    … Pfff… Mais où est-ce que j’ai été cherché tout ça ???… HaHa ! En tout cas, voilà un article très intéressant qui a suscité ma curiosité. C’est le genre d’illustration qui donne envie de réfléchir et de trouver^^. Merci pour cette trouvaille ! Je me suis bien amusée à essayer de décortiquer les choses…( Aurais-je des origines gnomes ? Possible… Je te laisse deviner Myrtion^^)

  2. Myrtion :

    29/01/2007, at 09:43 [ Répondre ]

    C'est une interprétation à laquelle je n'avais en effet pas songé.
    Se servir de nos création pour soit nous libérer soit de nos pensées en les couchant sur le papier, soit tenter de libérer les autres peut-être, en leur amenant de nouvelles pistes de réflexion (un peu ambitieux, ce dernier point, je l'avoue...)

  3. Alain :

    29/01/2007, at 08:34 [ Répondre ]

    Peut-être s'agit-il de dessiner la chaîne et le boulet, afin de pouvoir se libérer de ces chaînes ?

  4. Chopegourdin :

    28/01/2007, at 23:15 [ Répondre ]

    Merci, je ne connaissais pas cette oeuvre.
    J'aime bien son concept, c'est assez original.
    Et merci pour l'analyse, très pertinente.

    Je prendrais le message tel que tu l'imagine à la fin, que l'on se construit soi même, en fonction de nos actions.

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