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Rencontres au pays du soleil levant
[ General ] 08 Juin, 2008 13:57 - (111 lectures)
Beaucoup de personnes nous ont donc abordées, mais peu de discussions vraiment approfondies, qui ont pu nous en apprendre un peu plus sur les habitudes, la vie de ceux qui evoluaient au milieu des decors que nous explorions. Je crois bien ne pouvoir en recenser reellement que deux. La première s'est tenue dans un train nous menant à Nara, avec un couple d'étudiants en geographie. Enfin, une fois que nous avions dérivé de la coincidence d'avoir croisé une personne qui était passée par l'alsace... Nous avons donc parlé de la vieille ville de Colmar, des ballons vosgiens, de Kaysersberg, du Haut-Koenigsbourg, avant d'aborder seulement nos vies respectives. Entendre une japonaise dire qu'elle a suivi son ami dans leurs études actuelles mais qu'elle deteste ça apporte déjà un petit eclaircissement sur les moeurs locales. Nous avons ensuite abordé quelques sujets en vrac, litterature, manga et anime (malgré nos piètres connaissances personnelles), enfin un petit echange sur ce qui nous plaisait, parsemé de petites indications historiques, comme les personnalités des billets de banque japonais ( le sujet est arrivé sur le tapis en parlant d'un auteur japonais, Natsume Soseki, dont les nouvelles et romans montrent la transition entre les traditions et l'arrivée de la technologie).
La seconde discussion d'importance s'est produite dans un restaurant coréen à Osaka. Nous avons voulu tenter le barbecue tel qu'ils le pratiquaient là-bas - je passerais les détails, la question culinaire sera traitée dans un ou plusieurs autres articles. Devant notre incapacité à commander, un grand moment de galère quand lapersonne en face ne parle pas l'anglais ou le francais et que vous ne pratiquez pas suffisamment le japonais pour savoir demander s'il y a un accompagnement avec les différents plats proposés, tout en sachant que ce n'est globalement jamais le cas. Enfin, toujours est-il que les quatres hommes à la table d'à côté eux étaient capables de nous comprendre, et c'est en nous apportant un soutien inespéré qu'ils ont abordé la discussion. Comme d'habitude, nous avons parlé de nos visites, avec l'aveux de chacun d'eux qu'ils n'avaient de leur côté pas vu plus d'un ou deux des sites que nous avions visité. De là est partie la question des vacances, probablement parce qu'ils étaient en voyage d'affaire et avaient en tête des considérations professionnelles. Comment ils fonctionnaient, à quel point les francais étaient faineants...
- More than twenty-five days ! So... When do you work ?
Oui, nous avons eu droit à cette remarque. Un peu obligatoire quand on apprend que de leur côté c'est un miracle qu'ils puissent prendre deux semaines de suite, autant que de prendre plusieurs congés dans l'année. Le mythe du touriste japonais partant durant une année s'est effondré. En tout cas ce n'est justement qu'un mythe pour des personnes travaillant chez Esso au moins, ou par extension une grande partie de la population active. S'ils veulent partir si longtemps, ils sont très clairement virés et doivent tenir sur leurs economies. Loin du congé sabbatique que l'on connait chez nous.
Le second sujet que nous avons bien développé, peut-être pour le côté un peu truculent de la chose, et ce n'est pas nous qui les y avons lancés, c'est l'un de nos interlocuteurs en racontant la reaction d'un occidental devant sa femme nue ( euh, oui, j'oubliais de préciser qu'ils en tenaient une petite couche) qui nous a menés à parler des onsens, des différentes variétés, des endroits où en trouver sur notre chemin. ON ne peut pas dire qu'ils nous aient rassurés...
Le reste du temps a été passé à délirer un peu, puis nous nous sommes séparés.
Voilà pour les discussions. Passons aux rencontres qui se sont faites dans le silence. Imaginez un parc tout petit, quelques buissons en fleur dans des teintes roses très marquées, un peu de calme, et juste une table au milieu sous une structure en bois recouverte de feuillage. Un vieil homme s'y repose, à son côté une boite contenant de petits tubes de toutes couleurs. Nous nous sommes installés à côté de lui, il n'y avait pas d'autre place, et avons sorti notre déjeuner. Sur ce, la table se complète.
Un petit chat arrive, attiré sans doute par l'odeur de poisson s'échappant de nos bento. Frustrés par de nombreuses rencontres infructueuses avec toute espèce de félidés depuis le début du voyage, nous jouons de notre atout majeur pour tenter de le faire venir à nous. Ce fut un echec magistral, mais au moins avons-nous réussi à attirer l'attention amusée de la personne qui était assise à côté de nous, qui nous a permis de tenter de toucher d'autres espèces du regne animal, plus volatiles. Il nous a tendu deux petits tubes bleux percés de trous, et nous voilà partis dans une série de tentatives désespérées pour tenter dans un premier temps d'en sortir un son, et ultérieurement d'attirer l'attention des chanteurs environnants.
Je dois avouer avoir tiré deux leçons majeures de ce grand moment d'amusement enfantin. Premièrement, les oiseaux Japonais sont sourds, deuxièmement, les meilleurs moments peuvent décidément se passer sans problème de la moindre parole. Ce qu'il était agréable de profiter d'un moment aussi simple ! Et le vieil homme s'en est allé, nous laissant en cadeau nos appeaux. Un très joli souvenir en prime.
Voilà, ces trois rencontres étaient sans doute les plus intéressantes du voyage. Pas grand chose vous me direz en trois semaines. Peut-être, mais multiplier les rencontres et en oublier la moitié serait-il mieux ?
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