1. Souvenir sous les étoiles

    Une coccinelle et son bonheur
    Sous les ombres d'un sequoia séculaire
    Prennent leur envol des paroles du conteur
    Les murmures du public envahissent l'air
    Ravissement dans ses silences
    Une ambiance de mystère
    La brume d'une rosace aquatique
    Dressée en un carcan de lierre
    Dissimule aux passants extatiques
    Les méandres du sentier, ses lanternes claires
    Ah mais voilà le guide et ses eventails enflammés
    Il tournoie le long des allées
    Danse, frole les rigoles,
    Fait trembler coquelicots et tournesols
    Dissimulés dans leurs robes d'obscurité
    Sa course nous entraine dans un dédale de toile
    Aux murs bordés de buissons de lavande
    Puis il disparait
    Les formes dansent sur les ondulations laissées par le vent
    Des rires s'élèvent, des cris
    Jeux de peurs nocturnes
    Nous les laissons là, rejoignant une tonnelle
    Et sirotant la citronnelle
    Fixons les fontaines de diamant
    Qui s'éteignent en chantant

    Commenter (0)   Trackbacks (0)   

  2. Jouissance d'une métempsycose

    Allongé sous la coupole d'un tilleul,
    Plongé dans les bouquets non cueillis
    De pousses fraichement écloses
    S'attarde ce corps dévêtu, paupières closes.

    Il se montre alors, ancien soupirant
    Beaucoup l'envieraient, jalouseraient l'instant sublime
    Le doux parcours de cette peau
    Epargnée des atteintes du temps

    Glisser le long de sa nuque tant prisée des victimes
    Consentantes de ses frasques d'antant - hier seulement;
    Effleurer la courbe délicate de son sein,
    Descendre, plus bas encor', s'infiltrer en son corps
    Oh comme il en a rêvé de ce merveilleux dessein !
    La caresser jusqu'à cette mort
    Qui pour lui bien impatiente s'en vint.

    Une attente de misère se nourrissant de charogne
    Parcourant les entrailles de la terre
    Dans la miséricorde d'un dieu sans vergogne
    Quand enfin elle le rejoint
    Allongée sous la coupole du tilleul
    Plongée au coeur des bouquets non cueillis
    De pousses fraichement écloses
    Mais l'amour s'est éteint.

    Il ne reste que la faim,
    Et lui, petit filament perdu sur un corps qu'il rêva sien,
    Plonge dans la plaie profonde de l'assassin.

    Commenter (0)   Trackbacks (0)   

  3. Humanité d'un instant

    Le taon cours et file privé d'ailes pourtant
    Sans fil s'envole, courbant l'air, brisant l'espace
    Propulsé en une autre place
    Somptueuse parabole finie dans la poussière
    Sous les cris d'allégresses d'un petit être fier.

    Le temps cours, file trop vite à présent
    Perdu le fil au coeur de la glace
    De cet instant en une autre place
    Privé de paroles, ignorant de prières.
    Plus de prouesses, là dans la misère.

    D'autres ont déchiré la fine membrane
    Les fragiles portants
    Laissant les preuves dériver dans le vent

    Commenter (2)   Trackbacks (0)   

  4. Au plus simple...

    Dépouillée de tes parures naturelles
    Ta texture riche, complexe. Sereine
    te voit chargée soudain des chaînes
    De l’ignorance, grâce structurelle.

    Si vivante dans ta clarté limpide
    Que t’emporte l’imbécile insipide
    Dans la gangue froide, prison d’études logiques.
    Figée, prémices nostalgiques
    Des lignes encrées d’un cahier fripé
    Froissée dans les pages du temps, rouage grippé,
    Sans cesse revenant, reprise, usée, ton énergie
    Ta substance s’évanouit, plus de synergies.

    Amputée d’un héritage oublié, tu sombres
    Brisée, sans terres,
    Tes origines, tes buts deviennent mystères
    Jusqu’à ne plus être qu’un moment, un nombre,
    Référence des cavernes d’acier
    Des archives d’un programme sans âme
    Repetition d'une clé, d'un sésame.

    Du schéma de tes attraits usent à moitié
    Les imprudents tranquilles
    D’une vie facile

    Commenter (0)   Trackbacks (0)   

  5. Culte en gestion

    Masqués de paroles tranquilles
    Les mensonges ehontés
    Glissent dans l'air hantés
    Si peu coupable sans moyen
    Du spectre de la pourriture

    Tant profitant de notre nature
    Faiblesses cruelles et ignorances
    Peu d'efforts paresses au rances
    Relents de défaites qui s'accumulent
    Les volontés s'annulent
    Se disputent les restes d'un pouvoir
    Ses richesses ses illusions
    Ses fausses gloires

    Et se perdent de vue de vie
    Les simples offrandes méritées
    De quelques actes sans calculs

    Commenter (0)   Trackbacks (0)   

  6. Jeux d'image

    Prime en toc,
    S'étire, se courbe, se troque,
    Simple réponse réflexe,
    Peut-être perplexe,
    Rêvons ! Sinon brillante, grincante
    Cent serres s'agrippant à ta peau,
    La malaxent en de vils oripeaux.

    Tu le démens,
    Ce sourire orgueilleux,
    Ton regards hurles, tu mens
    Mais ils ne le voient pas eux
    Ils s'ennivrent de tes paroles,
    De promesses, de symboles
    T'enscencent et tu ris,
    Tu ris de ton pouvoir
    Leur offre, grimace insincère
    Le mépris de leur triste misère
    Te gaussant de leur espoir.

    Ah, que je hais cette plaie !
    Formée sur tes lèvres de despote pincées,
    Ce gouffre retenant tes si tristes attraits
    Ce désir de volontés evincées
    Effacées devant le spectre de la tienne
    Cette illusion de dominer ton monde
    Sombre farce du notre, immonde
    Qui n'existeras déjà plus
    Lorsque s'avancera le moment de tes buts
    Le monde aura péri,
    Aux conséquences de ta loi sans bornes
    Créant un univers si terne, si morne...

    Alors, tes lèvres s'abaisseront,
    Et dans les affres de ma mort,
    Peut-être me réjouirais-je encor
    De la mort de ta passion,
    Prise de conscience douloureuse, lente
    De l'inanité d'une joie insolente.

    Commenter (0)   Trackbacks (0)   

  7. Disparition

    Chavire, mon existence,
    Face à ces douces courbes,
    Etrange,
    Je ne te ressens plus,
    Je ne me souviens plus.

    D'espiègle, incertaine promesse,
    Un sourire, une caresse distante,
    Se mue en une moue ravissante,
    Dont m'achève l'élan de tendresse.

    Quelques murmures d'un souffle m'effleurent,
    Modèlent une agréable fêlure puis,
    Horreur
    Une gracieuse esquive dérobe ta peau,
    Tu t'éloignes, loin de mes mots.

    Doutes et frissons, tourments et merveilles,
    Perdu, impuissant, je contemple ton éveil.
    Exhuberance de l'instant,
    S'élève une voix cristalline,
    Un ange entame sa danse, son chant,
    Tourbillonne dans les emotions qui l'animent,
    Me propulsant dans le néant.

    Tu t'éloignes, loin du monde, loin du temps,
    Si présente,
    Si distante,
    Et nous n'existons plus
    Qu'en te contemplant.

    Commenter (6)   Trackbacks (0)   

  8. Fracture d'existence

    Vaste étendue de néant
    Emportée par la vague incessante
    De l’existence, les remous du temps
    Peu à peu se comble
    De sons, d’images, de fragments de pensées
    Insensé fatras, des aléas
    Du parcours d’une embarcation malmenée
    Sans guide, tourbillonnante
    Sur le fleuve des sens
    Et la résonnance d’ondes de vie
    Au creux des amas d’idées
    Un semblant de structure se crée
    Une farce, un fragment d’âme
    Une improbable lueur, seule
    Perdue dans l’accumulation
    Un début de raison,
    D’une architecture tremblante
    Qui s’effrite maintenant

    Commenter (3)   Trackbacks (0)   

  9. Doutes

    Poète de pacotille,
    Bazardeur de mots,
    Leur sens part en vrille,
    Simple jeu sans âme
    Sons sans émoi
    Je joue de vos joie,
    de vos larmes,
    et je me noie.

    Des poèmes incomplets, figés,
    Bribes de pensées sans sujet
    Des mots s'étalent sur ces feuillets
    Mais ne relient nulle pensée.
    Je crains, dans cet écueil,
    Me perde, laisser le sens suivre vos raisons
    Le rythme s'accordant à vos sensations.
    Désir de plaire, peur de ne pas exister,
    Pourtant, c'est ainsi que je disparait,
    En me fondant en vous,
    Laissant mon esprit dévier,
    Comprendre, apprendre, à me nier.

    Simples jeux, sur les sons, sur les mots
    Répétitions de reflexes, sans énergie,
    Sans nouvelles facéties
    Je répète, encore et encore,
    Le même rythme lassant,
    Les mêmes sons, les mêmes mots,
    Ecrasent leurs comparses,
    Encombrant le passage étroit,
    Les libérant de mon esprit.

    Ai-je le droit d'écrire dans ce cas ?
    De coucher sur le papier ces paroles malhonnêtes,
    Qui ne sont que pensées sans volonté, bridées par l'intellect
    Trop de barrières, trop de schémas
    La spontaneité n'apparait pas, je crois,
    Pourrais-je un jour franchir ce pas...

    Je reste figé, au seuil,
    D'un univers de sensibilité,
    De descriptions de beautés
    Inaccessible à mon orgueil.
    Je manque de mots, d'idées, de passions,
    prostré dans l'univers de ma raison,
    Dans le monde qu'elle s'est créé
    Les limites de sa compréhension.
    Des portes dont j'ai perdu la clé,
    Qui me sont fermées. 

    Commenter (1)   Trackbacks (0)   

  10. Faire revivre les rêves

    Un monde étrange, d'innaccessibles beautés,
    Le cri d'un ange, un chant, sa douce cruauté,
    La musique d'un autre âge, tendre trêve,
    Les images de somptueux paysages
    Déposent leur doux sillage dans nos rêves
    Puis se fânent, telle l'onde d'un mirage,
    Laissant nos sens aux abois, quelle misère !
    Face à d'innombrables splendeurs ephémères.

    Faiblesses, doutes, failles de toutes sortes,
    La nature humaine bien trop loin nous emporte
    De ces rivages clairs, quelques trésors amers,
    Que l'on se plait à espérer, bien imprudents.
    Nul désir au temps ne les fera revenir
    Des souvenirs que nous cherrissons tant.
    De la vie qui nous aspire vers l'avenir
    Pas un souhait ne dérivera le courant.

    Paroles futiles, bien tristes manquements,
    Visions regrettées, non passées, l'esprit nous ment.
    Mais je ne trouve le talent, l'élégance,
    La manière de ressusciter ces beautés,
    Ce monde bien étrange et ses douces fragrances,
    De transformer ce mirage en réalité.
    Je n'ai que ces quelques mots, talent illusoire,
    Peut-être pourront-ils raviver quelque espoir...

    Commenter (5)   Trackbacks (0)   

  11. Rupture d'existence

    Les yeux dans le vague,
    Plus de vie, plus d’envie,
    Et l’esprit divague
    Mais rien ne luit.

    Bribes de mots, fragments d’images,
    Pas un rameau ne se dégage,
    Nulle idée parmi les maux,
    Pas un souffle, rien que de l’eau.

    Un autre esprit mène la danse,
    Pulsation dont la cadence
    Replonge l’âme en émoi.

    La mélodie de l’absence
    Altère la course des mois.

    Commenter (1)   Trackbacks (0)   

  12. Embrumé

    Vaquant au gré des vent,

    Dans les rues puantes de ce matin navrant,

    J’erre sans but,

    Sans âme, presque absent.

    Mon esprit se perd dans les brumes,

    Du temps, de la mémoire vacillante,

    Qui projette ses images incohérentes

    A mes yeux incapables de les appréhender,

    A mon esprit, ses idées enfumées,

    Créant un maelstrom d’images mouvantes,

    De scènes fantasques parfois émouvantes.

     

    Un instant chéri, qui remonte de mon âme.

    Un fantasme d’une complexe trame.

    Des rires d’enfant longtemps oubliés.

    De merveilleux rêves et délires exaltés.

     

    Nulle sensation de danger n’accompagne ce songe,

    Ces instants béats, sous lesquels toutes pensées s’épongent.

    La conscience, l’intelligence, ainsi que la volonté,

    Sont absorbées par cette torpeur et ses mensonges éhontés.

    Cette réalité changeante qui submerge nos sens,

    Déformant notre vision du monde,

    Laisse accessible notre innocence,

    A nombre bassesses immondes.

     

    Et pourtant, je poursuis cette folie,

    Recherchant presque sciemment cet état,

    Son chaos, sa folie, son émoi.

    Commenter (2)   Trackbacks (0)   

  13. Quelques mots

    D'une plume, courbes gracieuses,
    Déposées avec délicatesse,
    D'une parole bien audacieuse,
    Le monde change, sans qu'il paraisse.

    Les mots, seuls, bien innocents,
    Se mêlent avec élégance
    Sur la langue qui les lance,
    Et percent la chair jusqu'au sang.

    La pensée glisse de l'âme de l'interprête,
    A l'esprit dont la raison s'y prête,
    Déclenchant une salve d'émotions,
    Dont on savoure le moindre frisson.

    L'histoire se déroule sous ces arabesques
    Troublante, émouvante, ou simplement captivante,
    Me plongeant parfois dans l'embarras, presque,
    De ne pouvoir lui donner forme,
    La rendre vivante,
    Glissée dans une réalité,
    Qui se déforme.

    Les mots m'ont emporté,
    Dans leur univers éclairé,
    Et je m'abandonne,
    Libéré.

    Commenter (1)   Trackbacks (0)   

  14. Les murs de sons

    L'esprit est traitre. Quelques fois, il n'y a pas qu'aux raisons du coeur qu'il est sourd, mais aux siennes propres également. Enfin, voilà ce qui en est sorti, alors que j'avais pris une feuille de papier pour tenter de chercher une suite à une histoire bien plus gaie.


     

     (Suite)

    Commenter (3)   Trackbacks (0)   

  15. Hégémonie gnome

    Il est étrange de remarquer comme les pensées de notre entourage peuvent s'accorder avec certaines parties de notre existence sans rien en connaitre. Il s'avère que, dans une discussion sur la surpopulation, quelqu'un glisse en plaisantant qu'il serait tout de même assez séduisant de pouvoir réduire de moitié la taille de la population humaine pour retarder l'échéance. Bien évidemment, mon esprit n'a fait qu'un tour sur ces mots.

     (Suite)

    Commenter (2)   Trackbacks (0)