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Jouissance d'une métempsycose

Allongé sous la coupole d'un tilleul,
Plongé dans les bouquets non cueillis
De pousses fraichement écloses
S'attarde ce corps dévêtu, paupières closes.

Il se montre alors, ancien soupirant
Beaucoup l'envieraient, jalouseraient l'instant sublime
Le doux parcours de cette peau
Epargnée des atteintes du temps

Glisser le long de sa nuque tant prisée des victimes
Consentantes de ses frasques d'antant - hier seulement;
Effleurer la courbe délicate de son sein,
Descendre, plus bas encor', s'infiltrer en son corps
Oh comme il en a rêvé de ce merveilleux dessein !
La caresser jusqu'à cette mort
Qui pour lui bien impatiente s'en vint.

Une attente de misère se nourrissant de charogne
Parcourant les entrailles de la terre
Dans la miséricorde d'un dieu sans vergogne
Quand enfin elle le rejoint
Allongée sous la coupole du tilleul
Plongée au coeur des bouquets non cueillis
De pousses fraichement écloses
Mais l'amour s'est éteint.

Il ne reste que la faim,
Et lui, petit filament perdu sur un corps qu'il rêva sien,
Plonge dans la plaie profonde de l'assassin.

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